Les projets personnels d’Ulrick Theaud

Donner un visage à l’invisible

Mes projets personnels sont nés d’un besoin simple : photographier ce qu’on ne voit pas toujours. Ce qui vibre sous la surface. Ce qui ne se dit pas.

Dans mon studio, chaque séance est déjà une rencontre intime. Mais avec le temps, j’ai ressenti l’envie d’aller plus loin. De proposer des séries où les visages deviennent les témoins d’émotions collectives, de causes invisibles, de souvenirs enfouis.

Chacun de mes projets suit un fil rouge sensible : un objet, un geste, un regard, comme un interrupteur d’émotions. Et à travers eux, faire émerger ce que les mots n’expriment plus.

Photographe à Toulon (La Valette-du-Var) - Ulrick Theaud - Studio Reg'Art

Doudou Project : la tendresse retrouvée

Tout a commencé avec Marcel, 80 ans, dans mon studio. En voyant une peluche en forme d’éléphant, ses yeux ont changé. Il a murmuré :

On dirait mon doudou quand j’étais enfant…

En quelques minutes, son visage s’est adouci. Il s’est mis à parler avec une voix d’enfant.
Et j’ai compris : cette peluche n’était pas qu’un objet. C’était une clé.

J’ai donc lancé le Doudou Project : une série de portraits où chaque personne est invitée à venir avec un objet chargé de souvenirs. Doudous d’enfance, peluches, photos, vêtements, petits trésors oubliés…
Je les guide doucement, par des questions, par la respiration, par l’imaginaire.
Et l’objet devient un point d’ancrage émotionnel.
Il ravive un souvenir, une scène, un sentiment. Les regards changent. Les épaules se relâchent.
Et l’image devient vivante, sincère, habitée.

C’est dans ces instants que la photographie devient, à mes yeux, un art de la reconnexion.

La Croix - La foi, dans sa lumière intime

Dans cette série, j’ai photographié des personnes sans domicile fixe.
Mais jamais à leur insu. Ils savaient que je voulais les mettre en lumière. Leur redonner un espace, un regard, une humanité.

Je les ai rencontrés dans la rue, écoutés, parfois pendant longtemps. Et chaque fois que j’appuyais sur le déclencheur, je savais que je ne photographiais ni une misère ni une façade.
Je photographiais un cœur.

Ce projet s’appelle Les hommes aux grands cœurs, parce que malgré la dureté de leur quotidien, ils m’ont tous donné quelque chose de précieux : leur confiance.

Les hommes aux grands cœurs - Portraits de ceux qu’on ne regarde plus

Dans cette série, j’ai photographié des personnes sans domicile fixe.
Mais jamais à leur insu. Ils savaient que je voulais les mettre en lumière. Leur redonner un espace, un regard, une humanité.

Je les ai rencontrés dans la rue, écoutés, parfois pendant longtemps. Et chaque fois que j’appuyais sur le déclencheur, je savais que je ne photographiais ni une misère ni une façade.
Je photographiais un cœur.

Ce projet s’appelle Les hommes aux grands cœurs, parce que malgré la dureté de leur quotidien, ils m’ont tous donné quelque chose de précieux : leur confiance.

101 instants présents - Une fresque intergénérationnelle, de 1 à 101 ans

Avec ce projet, je voulais créer une fresque vivante de l’humanité.
Un portrait pour chaque âge, de 1 à 101 ans. Chaque personne devait venir avec un objet qui la représente aujourd’hui, à son âge.

Un enfant de 6 ans est venu avec une cape de super-héros.
Un jeune adulte de 20 ans est venu avec son meilleur ami.
Des seniors ont amené des photos anciennes, des chapeaux, des objets de transmission.

Ce projet révèle quelque chose d’essentiel : à chaque âge, nous sommes habités d’un rêve, d’un repère, d’un lien. Et c’est ce lien que je cherche à faire apparaître dans le regard, dans la posture, dans la lumière.

Une photographie d’émotions, unie par le fil invisible

Dans chacun de ces projets, je ne cherche pas à illustrer une idée.
Je cherche à créer un pont entre la personne et son histoire.

Le fil rouge, c’est toujours le même : un objet ou une présence qui agit comme un déclencheur émotionnel.
Ce que j’ai compris avec le temps, c’est que nous avons tous en nous un bouton ON, prêt à raviver un souvenir, un apaisement, un émerveillement.

Et parfois, nous avons juste besoin que quelqu’un nous aide à l’allumer.

Je suis ce passeur. Celui qui guide, qui ressent, qui respire avec vous.
Je photographie ce qui ne se voit qu’en fermant les yeux.